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Découvrir Oissel

Les rues ont une histoire

La rue Sadi Carnot

La rue Sadi Carnot dénommée ainsi le 20 août 1894 perpétue à Oissel le souvenir du président de la IIIe République assassiné à Lyon le 24 juin 1894 et qui était venu faire une visite à Oissel le 15 septembre 1883.

La presse régionale de l'époque évoque cet événement ainsi : "A deux heures et quelques minutes, le train présidentiel quitte la gare de Saint-Aubin, toujours suivi des mêmes acclamations, et arrive à Oissel, où les pompiers, la Société chorale et une affluence considérable de la population occupent le quai de la gare. Il semble, et c'est l'impression de l'entourage que l'enthousiasme va toujours grandissant. Le Normand est tout à fait entraîné. Le maire, M. Potel prononce une chaleureuse allocution : une jeune fille en robe blanche, offre un bouquet, M. Carnot passe en revue les pompiers et donne les palmes académiques à M. Déhais chef de la chorale. C'est son dernier acte dans la Seine-Inférieur, comme les habitants d'Oissel ont eu l'honneur de représenter à la dernière heure, à la dernière minute, les sentiments du département". Et c'est pourquoi le 28 juin 1894, 4 jours après l'assassinat du président par l'anarchiste italien Caserio, le conseil municipal réuni en séance extraordinaire adresse un message à Madame Carnot et à sa famille dont voici le texte :

"Émus par l'horrible et lâche attentat dont le président de la république vient d'être victime, il n'est pas un cœur vraiment français qui ne tressaille de douloureuse sympathie pour Madame Carnot et sa famille. Le Conseil municipal d'Oissel, fidèle interprète des sentiments de la population, les prie d'agréer en ces douloureuses circonstances l'expression de ses respectueuses et sincères condoléances". De plus, il fut décidé d'envoyer une couronne et une délégation aux obsèques. Et c'est le 20 août 1894, à la suite d'une proposition de Monsieur Dieppedalle conseiller municipal que fut décidée la dénomination de la rue Morel précédemment appelée rue des Mornons, rue Sadi Carnot et la grande rue, rue de la République.

Les rues Billoquet, Revert, Marti, Pinot, Drouet, Lecomte, Leverger, Malo, Fouache

Émile Billoquet

Dès l'occupation nazie, des groupes de résistants s'organisent à Oissel et à Saint-Etienne-du-Rouvray, comme dans beaucoup de communes de France. La répression est sévère. Elle touche en premier les militants communistes. Les arrestations sont nombreuses. Elles ne tarderont pas à toucher le groupe de résistants qui luttait pour la liberté. Ainsi Emile Billoquet, Maurice Revert, Gérard Marti, cheminots, Henri Pinot, Charles Drouet, Gustave Lecomte, ouvriers aux établissements Commentry, Maurice Leverger, Gustave Fouache, Victor Malo, M. Vadelorge comme René Serian, comme Mme Lebourg qui faisait partie des "amis de France-URSS" et qui fut internée à Drancy. Presque tous seront dénoncés, arrêtés et déportés. Triste période. C'est le temps de la collaboration, des dénonciations lâches, du rationnement et du marché noir. Le gouvernement de Vichy sert de relais à la volonté hithlérienne. Les rues d'Oissel ne sont pas épargnées : en juin 1941, le conseil municipal nommé par le Préfet, aux ordres de Pétain, décide pour obéir à ses recommandations de changer la dénomination de certaines rues "rappelant les faits et les idées de la 3e internationale ou des individus se réclamant d'idéologies analogues". Ainsi, la rue Edouard Vaillant reprend elle son ancienne dénomination de "rue de Seine" et la place Francisco-Ferrer celle de "Place du marché".

Des unités de marine allemande sont installées à Oissel. Elles occupent de nombreuses propriétés municipales ou privées, interrogent, perquisitionnent. Les familles de résistants, de communistes, de gaullistes brûlent dans leur grenier les revues politiques, les tracts qui pourraient les compromettre.

31 août 1944, la fin du cauchemar. Le comité communal de libération nationale siège à 15h à la mairie pour désigner un conseil municipal provisoire. Oissel est libre, mais n'a pas oublié tous les résistants osseliens morts en déportation ou fusillés par les nazis. Aujourd'hui, il reste leurs noms dans les rues.

La rue Clovis-Plantrou

Elle a été denommée le 12 décembre 1901. A cette date le conseil municipal sous la présidence de Félix Déhais ouvre une rue qui relie la rue Grise (rue de la Paix) à la rue du Champ des Oiseaux et de la Seine (rue Jules-Verne et Édouard-Vaillant). Clovis Plantrou, né en 1824 et mort en 1891 est filateur à Oissel. Conseiller municipal, il participe à la gestion communale d'Antoine Potel, d'Edouard Turgis et d'Alexandre Potel. Le 22 novembre 1859, il est nommé capitaine de sapeurs pompiers.

Place Francisco-Ferrer

Elle est dénommée le 6 octobre 1931. A cette époque, le conseil municipal sous la présidence de Maurice Gauthier, décide de donner le nom de Francisco Ferrer à une nouvelle place située Côte Brécaux (rue Emile-Zola). Déjà en novembre 1909, un conseiller municipal (M. Picard) propose de dénommer la place de l'église, place Francisco Ferrer mais un vote du conseil municipal repousse cette proposition par 7 voix contre 5. Quelques jours plus tard, au cours d'une nouvelle séance, la demande est renouvelée complétée par une proposition de "La libre pensée" d'Oissel qui accepte de payer la palque émaillée. La suggestion est de nouveau renvoyée le 28 novembre 1909 et ce n'est que 22 ans plus tard qu'enfin une place prendra le nom de Francisco-Ferrer.

Né en 1859 à Atella près de Barcelone, Francisco-Ferrer avait été élevé dans les traditions du conservatisme catholique espagnol. Des lectures l'amenèrent très vite à penser exactement le contraire de ce qu'on lui avait enseigné ; il devint un adversaire radical de l'église catholique et de la monarchie espagnole. Poursuivi pour la part qu'il avait prise en 1886 à une insurrection républicaine, il se réfugia à Paris et y devint le secrétaire de Ruiz Zorilla, chef du parti républicain espagnol. L'étude et la réflexion modifièrent alors ses idées dans le sens des théories de Bakarnine et de Reclus. Il cessa de penser à une révolution pouvant donner un régime analogue à celui de la France (Après la Commune et pendant la IIIe république) et en arriva à cette conviction que son pays ne pourrait être libéré que si un nouveau système d'enseignement y développait une mentalité nouvelle.

Oissel d'antan