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Les ponts

Le pont de chemin de fer fut inauguré en 1895, comme le mentionne la plaque scellée sur son tablier. Il supportait une structure métallique adaptée au lourd chargement des trains de marchandises. En partie détruit lors de la seconde guerre mondiale, cet ouvrage fut reconstruit à la Libération pour les besoins du trafic. Aujourd'hui, 230 trains de voyageurs et de marchandises l'empruntent chaque jour ainsi que le tgv qui le franchit à 140 km/h depuis le 28 septembre 1986.

Le pont de chemin de fer 1895-1995 : un siècle d'histoire

L'histoire des ponts a commencé en 1843. Avant cette date, pour se rendre rive droite, les Osseliens utilisaient "la barguette", un bateau tiré par des chevaux depuis le chemin de halage qui assurait le transport des voyageurs et des marchandises de Rouen à Elbeuf.

La construction d'un pont, qui s'appuyait sur l'île aux Bœufs, fut entreprise pour permettre la mise en place de la ligne de chemin de fer de Paris à Rouen, qui fut inaugurée le 2 mai 1843. Dans les années 1890, suite à l'ouverture de l'embranchement de Serquigny, la Compagnie de l'Ouest, gérante de la ligne, engagea la construction d'un nouveau pont, un peu en aval, en remplacement du premier, car la fréquence ferroviaire et le poids des convois devenaient de plus en plus importants.

Néanmoins, cet ouvrage était exclusivement réservé à la circulation des trains et les piétons continuèrent, durant plusieurs années, d'utiliser les petites embarcations pour traverser la Seine, malgré les risques encourus l'hiver lorsque le fleuve était en crue. La municipalité avait décidé, en 1892, de conserver l'ancien pont de chemin de fer, voué pourtant à la démolition, pour le transformer en pont-route très attendu, on l'imagine aisément, par les Osseliens et les Tourvillais.

Mais, ce ne fut que six ans plus tard, en 1898, que les crédits furent débloqués pour commencer les travaux confiés à la Compagnie de l'Ouest. Le tablier fut surélevé et deux piles furent supprimées, afin de permettre le passage des bateaux à vapeur avec leur haute cheminée, même lors des fortes crues d'hiver, tout en conservant un passage de 6 mètres de large pour traverser la Seine. L'inauguration de ce pont-route eut lieu les 15 et 16 juin 1901.

Dans la ville, ce fut une fête mémorable avec la présence de nombreuses personnalités invitées par les organisateurs, Eugène Plantrou, industriel du textile d'Oissel et Félix Deshais, le maire accompagné du Conseil municipal au grand complet. En 1914, les Allemands décidèrent de faire sauter les ponts d'Oissel. Lors de la première guerre mondiale, l'armée allemande pénétra en France par la frontière belge. Les troupes françaises, cantonnées à l'est près de l'Alsace et de la Lorraine, durent modifier très rapidement leur position. Pour rejoindre le front, une partie des convois militaires prirent la direction du nord en empruntant la voie de chemin de fer qui passait par Oissel. Les espions allemands le comprirent et décidèrent de faire sauter les ponts pour ralentir l'armée française. Mais grâce à Octavie Delacour (1), qui donna l'alerte, et au sergent Leroy, chargé de la garde des ponts, le passage fut sauvé de la destruction.

Destruction des ponts en 1944

La seconde guerre mondiale fut fatale aux ponts d'Oissel. Lors de la débâcle en 1940, pour contrer l'avancée de l'armée allemande, les soldats français firent sauter l'ouvrage métallique. Une fois installés à Oissel, les Allemands réparèrent le pont ferroviaire indispensable à la circulation des trains entre Rouen et Paris. Les alliés bombardèrent alors ce point stratégique à plusieurs reprises, particulièrement de mai à août 1944 et provoquèrent d'importants dégâts. Les Allemands durent alors construire une estacade, une sorte de pont de bois pour permettre aux trains de franchir la Seine. Effondré par endroit, disloqué, le pont ferroviaire sera remis en état par la sncf à la Libération.

Ce n'est qu'après de longs travaux de soudure que le viaduc ferroviaire sera complètement réparé et soumis aux essais officiels le 15 juin 1947. Quant au pont route, il a d'abord été remplacé provisoirement en 1944 par un pont Bailley monté par le génie américain puis en 1971 par une structure nouvelle à deux voies de 208 m de long. Aujourd'hui, cet axe de communication important, entre la rive droite et la rive gauche de la Seine, est emprunté, chaque jour, par 8000 à 10 000 véhicules.

Sources : "Histoire des ponts de Rouen et de sa région" par Yves Fache"Oissel histoire" n°1 (octobre 1982) et n°2 (Janvier 1983) Direction Départementale de l'Équipement et les services de la sncf .

(1) Le 16 septembre 1914, Octavie Delacour traversait la forêt de Neuf Marché, près de Gournay-en-Bray lorsqu'elle fut arrêtée par un commando allemand. Elle entendit et comprit les paroles prononcées par les Allemands et, une fois relâchée, elle avertit les autorités civiles et militaires qui donneront l'alerte dans tout le département. Comme ailleurs, les sentinelles d'Oissel furent sur le qui-vive et les saboteurs allemands, qui avaient pour mission de faire sauter les ponts d'Oissel, furent stoppés par le sergent Leroy et ses hommes.

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