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Découvrir Oissel

Histoire d'Oissel

Origine du nom Oissel

Le Moyen-âge connaît une île d’Oissel, dénommée aujourd'hui Sainte-Catherine. C’est de là que les Normands seraient partis pour leurs raids en vallée de Seine.

L’origine du nom est sujet à débats. Vient-il du gaulois osca (enclos) ou uxello (élévation), du latin ocellus (petit œil) ou du scandinave oesel (grenier à foin) ; chaque terme peut se référer à la situation du lieu, en pente vers la forêt, ou à l’existence d’un poste de guet sur une des nombreuses îles qui parsèment la Seine. Établi en bord de Seine, au pied d’un plateau couvert de forêts riches en gibier, facile d’accès et cependant aisé à défendre, le site d’Oissel fut occupé dès la préhistoire.

Gaulois et Romains y ont laissé des voies de communication et un temple, au lieu-dit la Mare du Puits, les Francs des sarcophages mérovingiens aux alentours de la mairieles Normands y installèrent peut-être une forteresse d’où ils partaient pour leurs incursions vers Rouen et Paris. Des armes, des bijoux, des outils de ces époques ont été mis à jour.

 En 1082, Guillaume le Conquérant, duc de Normandie et roi d’Angleterre, y réunit un concile de hauts dignitaires de l’Église et de barons anglo-normands pour régler un différend sur la peine de mort entre l’archevêque de Rouen et l’abbé de Saint-Wandrille, consacrant par là l’importance du lieu.

Fief royal, Richard Cœur de Lion y fit construire un rendez-vous de chasse où séjourna Philippe le Bel en 1312. Ce manoir, profondément modifié au cours des siècles, est aujourd'hui la mairie

En 1639, en Normandie, éclata la révolte des Va-nu-pieds contre les impôts et la famine. Oissel hébergea alors les troupes envoyées par le Roi. En 1649-1650, l’épidémie de peste dévasta la commune. Une nouvelle épidémie, le choléra, touchera le village en 1832 : 700 Osseliens en seront victimes, des dizaines en mourront.

En 1871, la ville fut occupée par les Prussiens qui incendièrent partiellement la mairie. 20% de la population adulte fut tuée lors de la guerre 1914-18. De 1939 à 1944, Oissel fut de nouveau occupé par les Allemands. Nœud ferroviaire entre haute et basse Normandie et Paris, centre industriel réquisitionné par les occupants, la ville subit 43 bombardements alliés en cinq ans : 249 immeubles furent détruits, 1475 autres endommagés. Au cours de ces trois guerres, les habitants d’Oissel manifestèrent un esprit de résistance et de solidarité rare. Turgis pour 1871, Mongis pour 1914, Billoquet pour 1939-45 sont des noms inscrits dans la mémoire osselienne.

Jusqu’au XVIIIe siècle, les habitants d’Oissel furent essentiellement des agriculteurs cultivant le blé, le pastel qui fournissait la couleur bleue pour les tissus, et la vigne cultivée du IIIe au XVIIe siècles sur les coteaux entre le Quesnot et le hameau des Roches. Le vin d’Oissel semble avoir été apprécié si l’on en croit le fait qu’il bénéficiait des mêmes droits que le vin de Bordeaux.

Quelques habitants sont mariniers, charpentiers de marine, toiliers - le port d’Oissel est alors une escale sur la Seine entre Paris et Rouen et un service de navettes fluviales dessert Elbeuf et Rouen, les barguettes - ou encore pêcheurs.

Au XVIIIe siècle commence l'aventure industrielle de la ville

Le savant Dambourney (1722-1795) introduit la culture de la garance pour obtenir la couleur rouge pour les étoffes. Quelques cardeurs et fileurs travaillent à façon la laine pour les fabriques installées à Rouen, Elbeuf ou Darnétal. 
A l’angle des actuelles rues Déhais et Jean-Jacques-Rousseau se trouvent les bâtiments fortement endommagés de la Fabrique. Cette "manufacture des fils d’Oissel" qui fournissait la manufacture royale des velours de Saint-Sever à Rouen, fut créée en 1776. On y travaillait la laine. Rachetée par l’industriel Sévène en 1796, son activité fut orientée vers le coton, arrivant des Etats-Unis, et mécanisée dès 1793. Sévène y installa les "jennies", machines à filer mécaniques d’origine anglaise. Puis, en 1818, il remplaça la force animale par une première machine à vapeur. D’autres usines s’installèrent : Plantrou, Dantan, Potel, Dehais...

En 1843, l’ouverture de la ligne de chemin de fer Rouen - Paris (en savoir plus en consultant l'histoire des ponts d'Oissel) et, en 1846, de la gare d’Oissel, dynamise l’activité industrielle. En 1900, est construite la Cotonnière. Oissel est alors une place importante de l’industrie textile normande.
Pendant la guerre de 1914-1918, une poudrière fut installée pour la fabrication des explosifs. En 1917, le site est repris par une société de fabrication de colorants qui changea souvent de nom et de propriétaires : Francolor, Kuhlmann, PCUK, ICI-Francolor, aujourd’hui Crampton and Knowles, Toyo-France et Yorkshire.

Après la Libération, l'industrie textile décline

Dans les années 60, il ne reste rien des grandes entreprises osseliennes. Plantrou est détruite pour réaliser la poste, Dantan devient le Cercle des loisirs et l’École municipale de Musique et de Danse, la Cotonnière est occupée par la Quinoléine, entreprise de production de produits phyto-sanitaires, devenue Orgachim, tandis que s’implante Azolacq (Elf-Atochem). Suite aux restructurations des groupes internationaux des années 1980-1990, cette activité chimique qui occupa jusqu'à 3000 salariés est aujourd’hui fortement réduite. De nombreuses activités de services aux entreprises, notamment de transports lourds bénéficiant de la qualité et de la proximité des réseaux de communication desservant la ville (Seine, autoroutes A13, A29 et A28, chemin de fer et port de Rouen) tendent à les remplacer.

La forte industrialisation de la ville s’accompagna dès le 19e siècle du développement des organisations ouvrières. Le puissant syndicat des industries textiles organisa de multiples actions pour la défense des salariés et l’obtention de droits minimums. Parallèlement, se mettent en place des caisses de secours mutuel telles la Saint-Martin.

Le cinéorama ballon

Outre Dambourney, déjà cité, Oissel compte un autre inventeur d’importance en la personne de Raoul Grimoin Sanson (1860-1941). Collaborateur de Marey et Bertillon, il fonda le service anthropométrique de Bruxelles, déposa des brevets pour de nombreuses inventions dont un microphone compensateur, un procédé de blanchiment de la pâte à papier ou un masque à gaz. Il est surtout connu pour la construction du Cinéorama (le premier procédé d’écran large de l’histoire du cinéma. 

Son système utilise dix projecteurs synchronisés qui sont disposé au centre d’un grand écran circulaire) qui fonctionna lors de l’Exposition universelle de 1900. 

Contemporain des frères Lumière, il est considéré par certains historiens comme l’inventeur du projecteur de cinéma moderne à échappement. Il réalisa même un film dans son château des Roches " Le Comte de Griolet " racontant un épisode de la Révolution.

Malgré les destructions des guerres et la modernisation nécessaire, la ville d’Oissel a su conserver de nombreuses traces de son passé. C’est d’abord en centre ville l’urbanisation qui vit le jour autour des filatures. Il est ainsi possible de retrouver les lotissements ouvriers nés autour des usines, les maisons des contre-maîtres, des ingénieurs et des industriels. Il reste aussi trace des fermes ; si deux seulement sont encore en activité, les autres ont souvent été transformées en logements.

L’église d’Oissel, dédiée à Saint Martin, fut fondée à l’époque mérovingienne. Mais le bâtiment fréquenté aujourd'hui par les fidèles ou par les passionnés de musique est une construction débutée au XVIe siècle, agrandie et achevée en 1871.

Le château des Roches qui abrita Grimoin Sanson, est une belle construction du XIXe siècle sur l‘emplacement d’un château datant de Louis XIII dont il ne reste que le logement du directeur du Centre de formation Jean-L’Herminier. Dans le parc, on voit une chapelle néo-classique, bâtie par Grimoin Sanson au début du siècle pour les besoins de son film. Dans le parc municipal peuvent être découverts le château de la marquise de Frondeville, dit aussi de la Perreuse, bâtisse du XVIIIe, le pavillon Dambray de style Louis XVI, et la ferme normande.

Dans l’enceinte de l’usine Chapelle-Darblay (aujourd’hui Otor) peut être admiré le manoir de la Chapelle datant du XVIe siècle.

Au Cercle des loisirs, dans l’ancienne filature Dantan, peuvent être vus la machine à vapeur qui actionnait les métiers, le four l’alimentant en vapeur et la dynamo produisant l’électricité. (Machine Sabrou - 1920)

Bibliographie

  • Oissel. Glanes, traditions, souvenirs, faits contemporains / Édouard Turgis. - Oissel : Société d’Histoire d’Oissel,1984. - ( Réédition fac-similé de celle de 1886).
  • Les Louises / Yvette Monteil. - Paris : Du côté des femmes, 1997. - (3 volumes).
  • Souvenirs de la guerre de 1870 / Édouard Turgis. - Oissel : Société d’histoire d’Oissel, 1984.
  • D’un siècle à l’autre. Images d’Oissel. 1850-1920. - Ville d’Oissel, 1989. (recueil de cartes postales - 1900-1960).
  • Histoire de l’agglomération rouennaise. La Rive gauche / Guy Pessiot. - Rouen : Éditions du P’tit Normand, 1990.
  • Le Patrimoine des communes de la Seine Maritime . - Paris : Flohic éditions, 1997. - 2 volumes. (Oissel est traité dans le tome 2 : canton de Saint-Étienne du Rouvray).
  • Oissel 1977- 1997, 20 ans de municipalité d'Union de la Gauche. 

Oissel d'antan